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La Chine réalise une percée dans la recherche sur la fusion nucléaire

12 mars
par le personnel du CSN

La Chine a réalisé une avancée significative dans la recherche sur la fusion nucléaire avec l'installation Experimental Advanced Superconducting Tokamak (EAST), atteignant une température soutenue de 100 millions de degrés Celsius.

Cette étape importante représente une avancée considérable dans la quête mondiale d'énergie propre, rapprochant l'humanité de la production d'énergie solaire sur Terre. Les implications potentielles pour la production d'énergie pourraient être considérables, car la fusion nucléaire promet une électricité illimitée et décarbonée.

EAST, situé à Hefei, dans la province de l'Anhui, est un réacteur expérimental conçu pour reproduire le processus de fusion nucléaire qui se produit dans le Soleil. Contrairement à la fission nucléaire, qui produit de l'énergie par fission d'atomes, la fusion combine des noyaux d'hydrogène dans des conditions de chaleur et de pression extrêmes pour libérer une énergie considérable sans produire d'émissions de carbone ni de déchets radioactifs à vie longue. L'accent mis par la Chine sur la recherche sur la fusion nucléaire s'inscrit dans une initiative plus vaste visant à développer des ressources énergétiques durables comme alternatives aux combustibles fossiles.

L'importance d'atteindre 100 millions de degrés Celsius ne saurait être sous-estimée. Pour que la fusion nucléaire ait lieu, les atomes d'hydrogène doivent être chauffés à cette température extrême, plusieurs fois supérieure à celle du cœur du Soleil. À ces températures, du plasma – une forme de matière surchauffée – est généré, permettant aux noyaux atomiques d'entrer en collision et de fusionner, entraînant une importante libération d'énergie. Historiquement, si des expériences ont permis d'atteindre ces températures, les maintenir sur de longues périodes s'est avéré un défi de taille. Le récent succès de la Chine marque une étape importante vers la stabilité, essentielle au développement de réacteurs à fusion fonctionnels.

Dans le paysage compétitif de la recherche sur la fusion, le projet chinois EAST est à l'avant-garde, mais il n'est pas seul. Parmi les autres projets notables, citons ITER (Réacteur thermonucléaire expérimental international), un partenariat mondial basé en France, qui devrait produire son premier plasma dans les années 2030. Le Joint European Torus (JET) au Royaume-Uni a également joué un rôle déterminant dans la recherche sur la fusion, établissant récemment un record avec une production continue de 59 mégajoules d'énergie de fusion. Par ailleurs, SPARC, une initiative du secteur privé menée par le MIT et Commonwealth Fusion Systems aux États-Unis, vise à développer un réacteur à fusion compact utilisant des aimants supraconducteurs de pointe.

Malgré les progrès réalisés par l'EAST, de nombreux défis subsistent sur la voie de la fusion nucléaire commerciale. Parmi ces obstacles figurent la nécessité de maintenir les réactions plasmatiques sur de plus longues durées, d'atteindre le seuil de rentabilité énergétique et de développer des matériaux capables de résister aux conditions extrêmes du réacteur.

Pour améliorer encore ses capacités de fusion nucléaire, la Chine développe également le réacteur d’essai d’ingénierie de fusion de Chine (CFETR), qui vise à faciliter des durées de plasma plus longues et à conduire à terme à la production d’électricité.

La réussite de l'EAST chinois intensifie la course mondiale à la fusion nucléaire commerciale, d'autant plus que les inquiétudes concernant le changement climatique et la demande énergétique croissante persistent. La technologie de la fusion représente le potentiel d'une source d'énergie sûre, illimitée et sans émissions. La réussite d'une nation à rendre la fusion commercialement viable pourrait déclencher une révolution dans la production d'énergie, influençant non seulement l'alimentation électrique des foyers et des industries, mais aussi les applications de l'exploration spatiale.