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L'UE accorde aux compagnies aériennes 430 millions d'euros de quotas d'émission de carbone pour une utilisation durable des carburants.

17 septembre
par Dominic Shales

Bruxelles a alloué 5.2 millions de quotas d'émission de carbone, d'une valeur d'environ 430 millions d'euros, à 130 compagnies aériennes pour leur utilisation de carburant d'aviation durable en 2025, soit plus de quatre fois le soutien de la première année.

La Commission européenne a adopté la décision le 8 septembre et en a publié les résultats une semaine plus tard. Le soutien à l'adoption de carburants d'aviation durables en 2025 s'est traduit par environ 5.2 millions de quotas d'émission du système d'échange de quotas d'émission de l'UE. Les autorités des États membres ont calculé les droits de chaque compagnie aérienne commerciale. Au total, 130 opérateurs ont reçu une part de ces quotas.

L'ampleur de cette augmentation est frappante. L'an dernier, le soutien équivalent s'élevait à 100 millions d'euros sous forme de quotas. Le montant pour 2025 est donc plus de quatre fois supérieur. Les compagnies aériennes bénéficient également d'un second mécanisme : elles ne cèdent aucun quota sur les vols effectués avec des carburants éligibles. Ce taux zéro représentait 135 millions d'euros supplémentaires. Au total, ces deux incitations s'élevaient à environ 565 millions d'euros.

Comment fonctionne le système de soutien

Bruxelles a instauré ce mécanisme par le biais de la directive SEQE-UE en 2023. Depuis 2024, il utilise un fonds de 20 millions de quotas d'émission, d'une valeur d'environ 1.5 milliard d'euros. Ces fonds couvrent tout ou partie de l'écart de prix entre le kérosène fossile et les carburants durables éligibles. Toutes les compagnies aériennes sont traitées de la même manière.

La Commission publiant les prix de soutien, les opérateurs peuvent connaître le montant qu'ils récupéreront avant d'acheter. Les compagnies aériennes sont également tenues de rendre ces aides visibles en vertu de l'article 8 du règlement (UE) 2025/723. Concrètement, la subvention doit donc être clairement indiquée et non pas dissimulée dans un rapport annuel.

Ce que le carburant a réellement livré

Les compagnies aériennes ont consommé plus de 530 000 tonnes de carburant durable en 2025. Ce volume était composé de biocarburants et de biocarburants avancés. Selon la Commission, cette utilisation a permis d’éviter l’émission d’environ 1.7 million de tonnes de dioxyde de carbone.

Rapportée aux émissions totales du secteur aérien, la réduction reste modeste. Toutefois, c'est la tendance qui intéresse les décideurs politiques. Rien que pour les subventions liées aux quotas d'émission, le coût s'élève à environ 250 € par tonne de carbone évitée. Ce prix élevé témoigne de l'écart important qui subsiste entre les carburants durables et le kérosène.

Un pot beaucoup plus gros est sur la table

En juillet, la Commission a proposé d'étendre le mécanisme dans le cadre de sa révision du système d'échange de quotas d'émission de l'UE (SEQE-UE). Ce plan prévoit la réservation de 110 millions de quotas supplémentaires, grâce à une application plus large du système aux émissions du secteur aérien. Sur la base des valeurs actuelles, ce soutien représenterait environ 15 milliards d'euros.

La proposition élargit à la fois le champ d'application et les ressources allouées. Outre les carburants, elle soutiendrait l'électrification et s'attaquerait aux causes du réchauffement climatique liées à l'aviation, au-delà des émissions de dioxyde de carbone. Ces impacts sont actuellement mal pris en compte dans les coûts ; leur inclusion élargirait donc considérablement la portée du système.