Climeworks Solutions a lancé un service destiné à aider les organisations à acheter des crédits carbone conformes à des cadres réglementaires spécifiques, signe que la demande évolue des engagements volontaires des entreprises vers des obligations de conformité dictées par les politiques publiques.
Le marché de la capture du carbone a longtemps reposé sur la bonne volonté. Les entreprises achetaient des crédits carbone pour respecter leurs engagements volontaires de neutralité carbone, et c'était l'acheteur qui décidait de la crédibilité de ces engagements. Mais la situation commence à évoluer. Climeworks Solutions, la branche commerciale de Climeworks, entreprise suisse spécialisée dans la capture directe du CO2 dans l'air, a lancé un service destiné aux acheteurs confrontés à des obligations légales.
Cette offre, annoncée le 23 juillet, aide les organisations à s'approvisionner en captures de carbone conformes aux réglementations en vigueur. Elle combine la recherche de solutions de capture, une vérification préalable adaptée au cadre réglementaire et un suivi continu des politiques, permettant ainsi aux acheteurs de constituer des portefeuilles conformes aux exigences des juridictions concernées.
Trois cadres dans le cadre
Climeworks Solutions commence par trois régimes où la demande de conformité se fait sentir. Le premier est CORSIE, le système de compensation aéronautique des Nations Unies géré par l'Organisation de l'aviation civile internationale, que les compagnies aériennes peuvent utiliser pour remplir leurs obligations. Le second est Article 6.2 de l'Accord de Paris, qui permet aux gouvernements de transférer leurs résultats en matière d'atténuation dans le cadre d'accords bilatéraux. Le troisième est celui de l'Union européenne. Cadre de certification pour l'élimination du carbone et l'agriculture du carbone, ou CRCF.
Chaque régime applique des règles différentes en matière d'éligibilité et de contrôle. Le CRCF est primordial pour l'orientation à long terme de l'Union européenne. La Commission européenne l'a proposé comme norme de certification pour l'intégration des absorptions permanentes dans le système d'échange de quotas d'émission de l'UE, ce qui leur conférerait une place officielle sur le principal marché européen du carbone.
Pourquoi ce timing fonctionne
Plusieurs axes politiques convergent. La Commission a proposé en juillet une procédure de suppression des émissions dans le cadre du SEQE. La deuxième phase du CORSIA, qui étend les obligations obligatoires à la plupart des vols internationaux, débutera en 2027. Parallèlement, l'article 6.2 gagne en importance à mesure que de plus en plus d'accords bilatéraux entre gouvernements entrent en vigueur.
Adrian Siegrist, directeur commercial de Climeworks, a axé le lancement sur la question de la confusion des clients. « Les organisations nous demandent de plus en plus comment s'orienter dans un contexte réglementaire en constante évolution et quelles solutions de captage du carbone répondent à des exigences de conformité spécifiques », a-t-il déclaré. Ce nouveau service, a-t-il ajouté, s'appuie sur l'expertise de l'entreprise en associant la recherche de solutions de captage à une connaissance approfondie des politiques et du marché.
Un marché en pleine croissance
Créée en 2024, Climeworks Solutions compte aujourd'hui plus de 200 clients à travers le monde, parmi lesquels JPMorgan, BCG, Schneider Electric et NTT DATA. Sa maison mère œuvre depuis plus de 17 ans dans le domaine de la capture du carbone et a contribué à l'élaboration de méthodologies et de normes.
L'évolution sur laquelle elle mise est un phénomène bien connu des marchés environnementaux. La demande, initialement volontaire, tend à se transformer en réglementation, et les acheteurs évoluent en conséquence. Si les mesures d'élimination permanente s'implantent durablement dans le système d'échange de quotas d'émission de l'UE (SEQE-UE) et dans la réglementation aérienne, les entreprises capables d'associer les crédits à des critères juridiques précis bénéficieront d'un avantage initial. Climeworks prévoit d'étendre son offre à d'autres cadres réglementaires et juridictions à mesure que le contexte politique évolue.




