Passer à la version à faible émission de carbone

Les forêts riches en espèces présentent un puits de carbone plus important, selon une étude.

1 août 2026
par le personnel du CSN

Une étude satellitaire publiée dans Nature Climate Change révèle que les forêts plus diversifiées en termes d'espèces d'arbres absorbent davantage de carbone. Elle met en garde contre le risque que la perte de biodiversité n'entraîne une diminution de l'absorption de carbone pouvant atteindre 35.7 pétagrammes d'ici 2050.

Le lien entre biodiversité et climat a souvent été traité comme deux problèmes distincts. De nouvelles recherches suggèrent qu'ils sont étroitement liés. Une étude évaluée par des pairs dans Les changements climatiques Nature Cette étude révèle que les forêts abritant une plus grande diversité d'essences d'arbres absorbent davantage de dioxyde de carbone de l'air et réagissent plus fortement à l'augmentation des concentrations de CO2. Cette découverte offre aux décideurs politiques une raison concrète d'intégrer la protection des espèces dans les stratégies climatiques, car la perte de biodiversité entraîne une diminution de la capacité d'absorption du carbone.

Les chercheurs ont combiné des mesures satellitaires de la photosynthèse avec des données sur les espèces d'arbres provenant de parcelles forestières du monde entier. Leur approche repose sur la fluorescence de la chlorophylle induite par le soleil, une faible lueur émise par les plantes vertes lors de la photosynthèse, comme indicateur de la quantité de carbone fixée par une forêt. Plus la richesse spécifique est élevée, plus ce signal est fort.

Comment l'étude a mesuré le carbone forestier

L'équipe a comparé les données de richesse spécifique au signal de fluorescence dans divers climats et à différentes latitudes. À l'échelle mondiale, la richesse spécifique et la photosynthèse ont évolué de concert. Cette corrélation était la plus forte dans les forêts tropicales, où la diversité est la plus grande, et plus faible aux hautes latitudes, où la densité d'espèces est plus faible et où les températures plus basses limitent la croissance.

Les forêts plus riches ont également présenté une augmentation plus marquée de la photosynthèse au fil du temps. Ce phénomène est important car il témoigne d'un effet de fertilisation par le CO2 plus important, c'est-à-dire un processus par lequel le dioxyde de carbone atmosphérique supplémentaire peut stimuler la croissance des plantes. Les forêts diversifiées constituent aujourd'hui de meilleurs puits de carbone et pourraient absorber une part plus importante des émissions futures.

Quel pourrait être le coût de la perte de biodiversité ?

L'étude a ensuite projeté les conséquences d'une diminution de la biodiversité. Selon des scénarios de déclin de la biodiversité d'ici 2050, sous l'effet du changement climatique et de l'utilisation des terres, les auteurs estiment une perte cumulée de photosynthèse forestière comprise entre 4.4 et 35.7 pétagrammes de carbone. Un pétagramme équivalant à un milliard de tonnes, la valeur la plus élevée représente une réduction considérable du puits de carbone terrestre, dont les modèles supposent généralement qu'il continuera d'absorber les émissions.

Cette fourchette est large, et les auteurs reconnaissent clairement l'incertitude qui en découle. Malgré tout, la tendance reste la même : à mesure que les forêts perdent des espèces, leur capacité à absorber le carbone diminue, et cette perte s'accentue avec le temps.

Pourquoi c'est important pour la politique climatique

La plupart des comptes nationaux de carbone et des modèles climatiques intégrés considèrent les forêts principalement en fonction de leur superficie et du climat. La diversité est rarement prise en compte dans les calculs. Si une forêt plus riche constitue un puits de carbone plus important, les plantations monospécifiques peuvent stocker moins de carbone que les forêts naturelles mixtes de même superficie, une distinction qui a des conséquences directes sur les programmes de compensation carbone et les objectifs de reboisement.

Pour les marchés du carbone, les conséquences sont encore plus marquées. Les crédits générés par les monocultures pourraient surestimer les bénéfices climatiques s'ils ignorent la prime à la diversité décrite dans l'étude. Intégrer la biodiversité dans le calcul des prélèvements permettrait de réduire cet écart. Alors que les pays renforcent leurs engagements climatiques pour 2035, cette recherche plaide de plus en plus en faveur de la protection des forêts existantes plutôt que de compter sur la création de nouvelles forêts pour compenser les pertes.