Passer à la version à faible émission de carbone

Le financement de l'adaptation au changement climatique est inférieur de 90 % aux besoins des nations.

Le 5 juin 2026
par le personnel du CSN

Les gouvernements des pays riches ne fournissent qu'une fraction des financements nécessaires à l'adaptation au changement climatique pour les pays en développement, avec un déficit d'environ 90 % par rapport aux besoins évalués, selon une étude. Oxfam lance un nouvel avertissement Ces chiffres ont été publiés en amont des négociations climatiques de Bonn. Ils interviennent à un moment où les négociations internationales sur le climat subissent une pression croissante pour que les engagements financiers se traduisent par des décaissements.

L'ampleur du déficit

L'analyse d'Oxfam met en évidence un décalage structurel entre les mesures prises par les pays développés et celles dont les nations vulnérables au changement climatique ont besoin pour s'adapter à la hausse des températures, aux phénomènes météorologiques extrêmes et à l'élévation du niveau de la mer. L'organisation alerte sur le fait que ce décalage est loin d'être négligeable. À 90 %, il représente un échec quasi total en matière de financement de l'adaptation.

Les pourparlers intersessions de Bonn, qui servent de forum préparatoire au sommet annuel de la COP, offrent une occasion cruciale d'aborder l'architecture de financement qui sous-tend ces engagements.

Pourquoi l'argent ne circule pas

Plusieurs facteurs structurels expliquent ce déficit persistant. Les projets d'adaptation, par nature locaux et contextuels, sont plus difficiles à intégrer aux instruments de grande envergure privilégiés par les investisseurs institutionnels. Contrairement aux centrales solaires ou au stockage par batteries, un système de drainage résilient aux inondations dans un pays à faible revenu ne génère aucun revenu. Les capitaux privés sont peu incités à investir sans un cofinancement public substantiel ou des accords concessionnels.

Une grande partie des financements d'adaptation comptabilisés par les gouvernements prend la forme de prêts plutôt que de subventions. Oxfam et d'autres organisations de la société civile contestent régulièrement cette comptabilisation, arguant que les instruments fondés sur la dette aggravent les difficultés budgétaires des pays vulnérables. L'OCDE suit les flux de financement climatique, mais sa méthodologie est contestée par les pays bénéficiaires qui estiment que les chiffres publiés surestiment le soutien réel apporté à l'adaptation.

Bonn comme point de pression

Les négociations de Bonn revêtent une importance particulière cette année. Les négociateurs devraient s'atteler aux détails techniques du nouvel objectif de financement climatique et aux cadres de transparence qui régiront le comptage et la publication des contributions. Les blocs de pays en développement, notamment le G77 et le groupe Chine-États-Unis, ont toujours exigé que l'adaptation bénéficie d'une part définie et protégée de tout nouvel objectif de financement.

L'intervention d'Oxfam avant Bonn vise à influencer le contexte des négociations. Les organisations de la société civile ont profité des périodes précédant la session pour publier des données qui définissent les termes du débat, et le chiffre du déficit de 90 % devrait figurer en bonne place dans les contributions des pays vulnérables au changement climatique.

Ce que les négociations doivent aboutir

Pour que le processus de Bonn aboutisse à des progrès significatifs, les négociateurs doivent s'entendre sur une méthodologie crédible pour mesurer les besoins de financement de l'adaptation, une norme comptable transparente distinguant les subventions des prêts, et un sous-objectif clair pour l'adaptation au sein du dispositif de financement global. Sans ces trois éléments, le déficit identifié par Oxfam persistera, quels que soient les chiffres annoncés lors des futures COP.

Le contexte politico-économique est complexe. Les gouvernements donateurs sont confrontés à des pressions budgétaires internes et hésitent à s'engager à grande échelle dans des instruments de subvention. Or, le coût de l'inaction ne cesse de croître.